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Les vérités obscures brinquebalantes

"Ce qu'il faut savoir pour ne pas tomber dans le piège du
 n'importe quoi. Ou alors si. Enfin tant pis pour vous."
Voilà qui me parait fort adéquat pour décrire ce  journal en ligne
dont les vertus morales et curatives ne sont plus à mettre en doute


Professeur Stout Brenner, grand esthète mégalomane.
Jeudi 29 décembre 2005

La vie continuera bien sans moi

 

Herbert Dubiscuitsec, neveu de Zoltan,
qui imite très bien Alain Delon,
Ici au stand de tir de la fête  à l'endive.

De retour des galères de l’empereur Zoltan, où j’ai passé une éternité (réduite à quelques semaines pour bonne conduite), je me suis précipité sur le garde-manger pour reprendre un peu de poids avant la grande hibernation. Les mouvements de mon corps se font déjà plus lents. Ce qui ne m’empêchera pas, n’ayez crainte, d’être prolixe, quoique lisible, en aventure picaresque, mais dans la yourte. Car le loup, lui, de son côté, a décidé d’aller voir sa petite famille qui vit loin au nord.

Er-Töshtük, modeleur d’avenir radieux, semble même assez courageux pour aller venger l’affront que m’a fait ce malappris d’empereur Zoltan qui a pris ses quartiers d’hiver dans un petit village du Bas-Rhin. Un fiévreux combat à la loyale avec jet de tasse de grog à la cerise est à prévoir. Mon fidèle Kalmouke est d’ailleurs en charge de la vente des trois cent places encore disponibles. Profitez-en, il n’y en aura pas pour tout le monde.

Avec cet argent durement gagné, il se fera une joie de me ramener une femme pour mes vieux jours. (Frottement de mains misogyne*) Tout ceci s’annonce assez bien ; vivement le printemps.

* si si, c’est possible.

 Je suis d'accord: les pois, ça a tendance à me grossir.

Thème générateur d’angoisse

 

Ce qui peut en rester

Avant de nous attaquer au cannibalisme des Anglais, oui oui, très sérieusement, j’aimerais aborder le sujet du prépuce dans l’histoire. Et pour commencer, est-ce une bonne chose d’être circoncis ? Mince, je ne voulais pas parler de religion, c’est raté. Les États-unis, grands spécialistes de la question, sont majoritairement pour la circoncision. Le professeur Kellogg (and ze française page here), du sanatorium de Battle Creek et du tigre qui joue du basket au petit déjeuner (ou son frère), est d’ailleurs l’homme qui a popularisé cette pratique à la fin du XIXème siècle. Celui-ci pensait que, en plus d’être saine et vivifiante, elle empêchait les enfants de se secouer le zizi. Ses propres mots, qui n’épargnaient pas les filles :

« A remedy for masturbation which is almost always successful in small boys is circumcision. The operation should be performed by a surgeon without administering an anesthetic, as the brief pain attending the operation will have a salutary effect upon the mind, especially if it be connected with the idea of punishment. In females, the author has found the application of pure carbolic acid to the clitoris an excellent means of allaying the abnormal excitement. »

            D’ailleurs n’est-il pas vrai qu’une bistouquette circoncise est d’avantage protégée contre le VIH ? Euh… Le CIRP semble ne pas être d’accord. En fait aucune étude n’est arrivée à prouver quoi que ce soit. R. S. Van Howe, dit lui-même que « Based on the studies published to date, recommending routine circumcision as a prophylactic measure to prevent HIV infection in Africa, or elsewhere, is scientifically unfounded. »

Après avoir lu toute la documentation, il ne semble pas que le prépuce soit vraiment notre ennemi naturel. Reste la religion et un prépuce particulier. Oui. Et pas n’importe quel prépuce, celui de Jésus. Je l’aime bien Jésus. Selon les anciens qui travaillent un peu du chapeau quand même, Jésus serait parti tout entier au Paradis. OK. Donc avec son prépuce ? Non pas vraiment ? Oui, cette question a vraiment été posée ! Et quand Jésus est revenu, un peu plus tard pour aller dire bonjour à ses amis, il était à nouveau entier. Je n’ai pas le courage de conclure quant à savoir s’il était vraiment entier ou pas. Il n’empêche que le bout de peau est considéré comme une relique. Certains esprits mal intentionnés, de sinistre anti-cléricaux adeptes d’Aristide Bruant*, ont même inventé l’histoire d’un prépuce/bague de mariée, lors de l'union mystique entre Jésus et Sainte Catherine de Sienne. Si c’est pas malheureux !

Alors que tout le monde sait qu’il s’agit de l’anneau de Saturne ! Enfin, Leo Allatius le pensait très fort, lui. La prochaine fois, pour fêter la nouvelle année du calendrier grégorien, nous mangerons un placenta accompagné d’une sauce à la menthe, avec nos amis anglais. Ce qui ne nous dispensera pas de parler du cordon ombilical de Jésus, qui est un gars cool, au final, même s'il a tendance à perdre des bouts de son intégrité un peu partout.

* lui, je ne l’aime pas par contre.

 

Opuscule terreux

 

Penser la mort de Vladimir Jankélévitch. La mort de Jankélévitch m’avait ouvert les voies à un désespoir nouveau, puisque réfléchi. Youpi ! Il m’en fallait en savoir plus sur l’auteur. Donc, avant de partir dans le territoire inexploré de sa connaissance (ou de ses délires philosophico-comiques) une lecture en profondeur de Kant me semblait nécessaire ainsi que de ce Penser la mort. À vrai dire, je n’apprends pas grand-chose de plus si ce n’est que ce livre permet de cadrer historiquement l’ouvrage précédemment cité. Et autre chose aussi : alors que le premier livre expliquait en plusieurs centaines de pages que tout ce discours était inutile, d’une certaine manière, puisque nul ne peut appréhender la mort qui est inconnue, le second en rajoute une couche. On ne peut pas savoir, mais on peut continuer à écrire dessus. Sans révéler l’intrigue, je me permets même de dire que le héros meurt à la fin.

 

 

Musique sobre et discrète

Vive l’amour
par Jean-François Coen. Enfin. Après pas mal de temps à chercher le nom du chanteur de la Tour de Pise (on apprendra plus tard dans le récit que « vingt quatre images très floues par seconde d’amour fou » n’était pas le titre de cette chanson après tout) je m’étais fait une raison. Boh… je ne trouverai pas, juste une illusion, comme une bulle de savon. Et au détour d’une recherche dans l’entrefilet, j’ai enfin compris pourquoi l’homme avait disparu : parce que son dernier album datait de 1993 et qu’il n’était plus en vente, à cause d’une sombre histoire de code barre défectueux. Armé d’une arme mignonne contendante* trouvée dans ma cuisine, je m’apprêtais à aller faire la peau à la au concierge (ferais pas de mal à une femme moi) de sa maison de production. Il était tard, nous étions en décembre, dehors la neige tombait gaiement, comme aujourd’hui tiens. Après je ne me souviens plus monsieur l’agent.

Mais ce deuxième album, onze ans après le premier, est, si ce n’est très bien, du moins très intéressant. Reste à mettre la main sur le premier et sur un alibi en béton pour cette nuit de décembre tragique.

 * ça aussi c’est possible. J’y ai mis un autocollant de petit chaton dessus. C’est tout trognon.


par Sultan Rahi publié dans : Er-Töshtük
Samedi 10 décembre 2005

Vie granuleuse sous la main

 


Alors moi c'est Filochard, vous voyez, et eux c'est Croquignol et Ribouldingue...
Honnêtes? Bien sûr que nous sommes honnêtes; quelle
drôle de question !

La rosée a séché. Le matin a mué en un après-midi glacial. De son côté, Er-Töshtük a sorti ses petites mitaines. Quand à moi, j’ai remis à plus tard ma découverte d’un continent perdu. Je n’avais d’ailleurs pas encore décidé lequel. Je ferais bien de noter sur mon calepin des noms possibles à donner à cette nouvelle terre qui n’attend que moi pour être dominée. Quoique je n’ai pas l’âme d’un despote à plein temps.

Au loin, j’entends rugir les canons de l’armée de Zoltan. Son neveu, Armando le lépreux, a décidé de venir grignoter un peu de mon territoire de chasse. Ses plans sont clairs : il veut à tout prix imposer aux chasseurs de mon acabit un impôt saugrenue pour s’enrichir sans rien faire. À bien y réfléchir, il a tout à fait raison. Ce fin tacticien n’aura néanmoins pas mon appui puisque la steppe est mon gagne-pain et tous les loups, fiers et solitaires, voire même toutes les meutes de loups solitaires –  laisser moi me contredire – sont mes amis. Oui, j’aime les traquer, leur faire faire un peu de sport avant de leur ôter le souffle de vie qui les anime, de mes propres mains, puis de les cuire avec quelques légumes du jardin et une sauce gribiche dont mon fidèle Kalmouke a le secret.

Er-Töshtük me propose de partir voir une conférence de Schopenhauer l’ancien sur les vampires, leurs us et coutumes ainsi que leur désir de mainmise sur les hommes et en particulier les artistes de cafés-concerts. Je me tâte, sachant que j’ai une bataille sanglante sur le feu…

 


Non non, nous avons toujours été deux, pas  trois.
Nous aurions mangé qui dites-vous?



Un thème aux cheveux flottant dans le vent

 
Je suis le mal absolu !
J'inspire la terreur dans tout l'univers !
Soumettez-vous, faibles créatures !

Doux comme un agneau

Bon, restons sérieux un moment. Le gouvernement, américain cela va sans dire, nous ment. Il complote, il mijote, il se moque du monde. D’ailleurs, malgré le fait que nous soyons libre de le critiquer, il nous dirige grâce à certains rayons. Lesquels ? Euh… cela a à voir avec les ondes radios je crois. Je ne pourrais répondre. Par contre Ashtar, sorte de super héros extra-terrestre venu de Nibiru, à première vue, pourrait le faire à ma place. Ce dernier a pris contact avec nous, petits humains, la première fois dans les années cinquante. C’est Alice Baylei qui l’affirme, elle qui a reçu tout un enseignement par correspondance télépathique d’un maître tibétain portant le doux nom de Djwalh Kuhl. Les gens de l’univers (universe people en anglais) savent déjà tout ça. Groupe ressemblant fortement à une secte, avec un gourou et sûrement tout un tas de rites amusants, les gens de l’univers sont pour la plupart tchèques. Cela leur confère donc un sérieux à toute épreuve.

Revenons à Ashtar, surnommé par les terriens Ashtar Sheran. Celui-ci est commandant de la Flotte Intergalactique et Interdimensionnelle de la Lumière, la Division Aéroportée de la Grande Fraternité Blanche de la Lumière. On peut dire que ça en jette sur un CV. Sans reprendre toute la hiérarchie compliquée, il faut savoir qu’Ashtar est au service du Seigneur Sananda, le Christ Cosmique et du Prince Métatron. Oui. Tenez-vous le pour dit.

Je me laisse emporter par le lyrisme militaire et m’éloigne du sujet central qu’est le complot américain, et en particulier leur affreux projet HAARP dont personne ne sait rien, ce qui prouve par là même que c’est un complot de ces forces des ténèbres. Ou pas ; c’est aussi une possibilité le ‘ou pas’. De toute façon, les ondes ne valent pas le catalogage systématique des êtres humains via l’implant d’une puce électronique, la Verichip, (Ashtar ne dirait pas le contraire) qui sert à faire partie du carré VIP (‘vraie importante personne’ ; ce qui est grammaticalement faux en français) en discothèque. Ça tombe mal, il n’y a pas une seule discothèque dans ce coin de la steppe. Je ne porterai donc pas le signe de la Bête tout de suite.

Autre sujet : pour en revenir à l’aspect physique de Jésus et de ses petits copains, j’ai trouvé la solution : pourquoi ne pas choisir comme on veut ?

 


Pourtant ils étaient prévenus:
- ne jamais nourrir un Beatles après minuit. Pas de problème.
- Ne jamais l'exposer au soleil. D'où les lunettes.
- Ne jamais le mouiller: ah mince, trop tard.

 

Livre ou littérature, il faut choisir

 

Égalité Zéro d’Olivier Mukuna. C’est un livre nullement neutre ; mais une fois que l’on s’en rend compte, qui permet tout de même de se faire un avis général sur la question. Quelle question ? L’affaire Dieudonné. « Quelle affaire Dieudonné ? » Malgré l’aspect amusant de cette question (oh oh oh, je me bidonne), elle ne l’était pas pour moi l’an dernier, puisque je débarquais alors tout juste de ma steppe kazakhe (ou apparentée) et n’avais effectivement aucune connaissance du fait. Mon avis, je vous le donne donc ici : l’homme en fait trop, voire dit vraiment n’importe quoi, mais ceux qui l’accusent (pour ceux qui ont le plus d’écoute dans la société française) ne savent pas le faire proprement et de manière impartiale. Bernard-Henri Lévy, en particulier, comme à son habitude, dit n’importe quoi. Je n’ai d’ailleurs toujours pas eu le courage de lire un des livres de cet énergumène et ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Le débat se porte, si j’ai bien compris, sur Israël, pays peuplé d’habitants, de gens, qui y vivent. Je ne me mouille pas en disant cela*. Donc pour se faire un avis plus proche du réel sur la question mieux vaut lire les travaux de personnages comme Edward Said. Et si l’anglais ne vous rebute pas, pourquoi ne pas aller faire un tour dans ses archives ?


* au lecteur indigné qui penserait que l’auteur, Sultan Rahi, aurait décidé de faire de la politique dans ses articles, qu’il se rassure : à aucun moment je ne dirais du mal de qui que ce soit. J’aime tout le monde, même le capitaliste ou son sbire le curé, dont les boyaux serviront à pendre le premier susnommé un soir où soufflera le vent de la révolte.

 

 

Musique à l’armature de métal
 

Droit de Veto et puis Picardia Independenza, soyons fous, par Les fatals Picards. La Picardie est une province du royaume de France chère à mon cœur. Un de mes cousins, qui se prend pour moi à ses moments perdus, y vit d’ailleurs. Son activité d’existence permanente lui laisse quand même parfois du temps pour écouter ce type de musique amusante. Ce qui est bien chez les fatals Picards c’est leur bon goût lorsqu’il faut parler de vrais problèmes de société : l’enterrement de Derrick, l’augmentation de la recrudescence (oui), la mort de Goldorak, ce qui pose un véritable problème au prince d’Euphore.

Mais lorsque certain mièvres de la chanson hexagonale s’arrêtent à la dernière piste du disque, les fatals Picards, n’admettant pas le vide temporelle qu’ils pourraient laisser suite à l’écoute de leur albums le remplisse, cet espace. Ils ajoutent donc des morceaux cachés, et même très mal cachés, ce qui est encore mieux. Enfin mieux… il est tout de même nécessaire de supporter l’accent picard plus de trois minutes. Bon sang, j’ai une soudaine envie de betterave moi…


Non, ça c'est ma cousine, qui se prend pour Er-Töshtük.
Une belle femme par ailleurs.
Enfin, sans la barbe c'est une belle femme.

 
par Sultan Rahi publié dans : Er-Töshtük
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